Influencée par le travail des adeptes du mouvement « Arte Povera » et par l’Art Brut, mes tableaux sont réalisés principalement avec des matières récupérées / recyclées (cendre, sable, fleurs …) voire bio équitables (café, épices) puisées dans mon environnement immédiat. C’est ainsi que le café devint mon médium favori. Cette matière, à la fois noble et pauvre, me captiva par son côté alchimique et capricieux, et déclencha chez moi une liberté de création : couleurs automnales de l’empreinte, comme une marche vers l’humus.

Dans un engagement écologique, cette osmose avec la nature enfanta une série portant sur les problèmes environnementaux et le réchauffement climatique. Ces œuvres sont indissociables du contexte : l’inspiration part d’un fait (incendie en Grèce, recyclage des ordinateurs en Chine) mais le concept se globalise dans une dimension universelle (incendies criminels ou non en France, Californie, Espagne ; contamination des sols et /ou des nappes phréatiques au plomb, mercure ; marée noire …).

Telles des photographies aériennes, les tableaux se dévoilent à notre regard par en haut « coupes à blanc, décharge, écume, recyclage » puis l’objectif se rapproche du sol « figure zoomorphe » avant de pénétrer dans la matière.

L’appréhension d’une matérialité en mêlant le café à toutes sortes de liants, papiers, peintures révèle l’expression d’une mémoire, la trace d’une civilisation.

Des sillons font apparaître une danseuse, tandis que dissimulés dans les arbres de la forêt, de petits « génies » se tiennent cachés.

Dans cette pénombre végétale, l’œil perçoit tout un phénomène d’apparition / disparition. Ce concept est approfondi avec les dessins au marc de café, sortis des grottes de l’inconscient telles des peintures chamaniques, ou les tableaux phosphorescents, travaillés comme des veilleuses.

La nuit, une mise en scène apparaît suggérant l’idée d’une présence visible de l’invisible. Ces toiles brisent l’angoisse de la nuit avant de s’éteindre lentement : tout un monde imaginaire qui s’ouvre à nous et nous transporte vers une poésie des formes et de la matière : mémoire indélébile, lumière nocturne …

 


Influenced by the work of followers’ of the movement “Pover Arte” or Art Brute, my  paintings are mainly the result of using recuperated materials, re-cycled objects  (ashes, sand, flowers…)  and even organic fair (coffee, spices) found within my immediate environment.  Coffee has become the principal medium.  It is both unique yet banal, and captivates me by its alchemy and unpredictability.  Hence the inspiration to create freely by using prints of fall colours which draw one back into the humus.

These series of coffee-inspired drawings are like leaving one’s feelings behind in a cave of dark unconsciousness as in Shamanic Art. Using phosphorescent paint, nocturnal scenes come alive with visible and invisible presences. A fantasy world emerges, transporting us to a poetry of form and matter: indelible memory, night light…

Another period follows with a series of environmental issues like global warming.  Mixing coffee with all sorts of things like paper and various paints is a daring project which succeeds in revealing a sense of memory, the substance of civilization.  These works are inseparable from their context: inspired by facts (fires in Greece) or location (recycling computers in China).  This concept becomes international on a universal level (arson or naturally induced fires in France, California and Spain; land contamination, and/or lead or mercury polluted groundwater…)

At a time when every human being around the world is responsible to ensure the future of Mankind, and protect their heritage, Art becomes an environmental statement.  For Art is a universal language against indifference and destruction, a cry of outrage against abuses committed by a consumer society.

(traductrice : Alexandra Stapells).

 

   
Creation site : emcreation@wanadoo.fr